mardi 22 mars 2016

Vieillir chez soi et connecté en Haute-Vienne

Cette semaine, c’est avec plaisir que j’ai pu me rendre en Haute Vienne à la rencontre de Jean-Claude LEBLOIS avec lequel nous partageons cette particularité d’avoir succédé à Marie-Françoise PÉROL DUMONT, lui au département et moi au groupe de gauche de l’ADF.

Au programme de cette visite, un focus sur les politiques innovantes menées dans ce département rural sur le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie.

En effet, comme ses voisins limousins, la Haute-Vienne participe au projet d'expérimentation domotique ICARE. Ce projet porté par l’industriel Legrand (entreprise du CAC 40 dont le siège social est à Limoges), a pour objectif de déployer à plus grande échelle des solutions adaptées qui viendraient en complément d'une aide humaine pour favoriser le maintien à domicile. Ainsi en Haute-Vienne, 200 foyers équipés d’un pack domotique de base, dont certains complétés d’une tablette numérique et de capteurs biométriques, ont permis d’évaluer pendant 24 mois l’impact de solutions technologiques, organisationnelles et médico-sociales innovantes pour le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie.
Si le rapport sera rendu d’ici quelques semaines, nous avons pu nous rendre au siège social de l’entreprise Legrand afin de découvrir ce fameux pack domotique au sein de « la maison du bien-être », véritable pavillon témoin intégrant l’ensemble des solutions proposées par l'entreprise afin de prévenir les pertes d’autonomie.

Ainsi des outils de sécurisation du logement (verrouillage des portes et fermeture des volets avec un seul interrupteur, etc.), d’accompagnement pour éviter les chutes (chemin lumineux, lampes à capteurs de mouvements, etc.), de détection (fumée, ouverture de porte, mouvements) et d’assistance (bouton de secours en cas de chute dans la douche ou bracelet alarme porté au poignet, plateforme de secours téléphonique en haut-parleur) permettent d’assurer un confort optimal pour les utilisateurs.

L’objectif de ce pack est d’éviter l’hospitalisation des personnes âgées, soit en évitant les chutes, soit en intervenant au plus vite après une chute, puisque ce sont souvent les premières chutes qui entraînent ensuite des besoins de placement en EHPAD ou des hospitalisations.

Un second volet de cette étude est actuellement en cours. Il a vocation à comparer les suivis médicaux de 270 personnes atteintes de 2 pathologies avec et sans pack domotique. Dans le cadre de ce volet ce sont des balances, tensiomètres, thermomètres, oxymètres connectés qui permettent chaque jour de réaliser une télésurveillance clinique.

A l’avenir, de tels dispositifs pourraient permettre de maintenir à domicile un grand nombre de personnes en perte d’autonomie et de détecter les problèmes de santé. Un dispositif gagnant/gagnant puisque non seulement les personnes concernées restent chez elles, mais en plus cela optimise les déplacements des médecins généralistes et limite les hospitalisations.

Après la présentation de ces outils, nous avons pris la direction de Saint-Pardoux, petite commune de 600 habitants, pour rencontrer les habitants d’un lotissement de logements adaptés intégrant des solutions domotiques. Du théorique au concret. L’occasion de s’entretenir avec un des résidents qui a pu faire part de sa satisfaction quant au confort et la praticité d’un tel logement.

Ces logements construits par l’ODHAC 87 (office public de l’habitat) avec le soutien de la commune et du conseil départemental ont été intégrés au cœur de village et accompagnés par la construction, à proximité immédiate, d’un bâtiment accueillant des services au public de proximité comme un relais poste, une épicerie (en lien avec les supermarchés alentours), une salle polyvalente dédiée aux réceptions communales et à l’accueil périscolaire, et enfin une salle à disposition des associations et des résidents du lotissement afin de partager des moments conviviaux.

Ce véritable projet d’ensemble a permis de redynamiser le centre du village, de créer des emplois et a suscité un fort intérêt puisqu’il y eut beaucoup plus de candidatures que de logements disponibles. Une initiative à valoriser !


Enfin, après ces deux visites, j’ai pu rencontrer les deux groupes qui composent la majorité du département et échanger avec l’ensemble de leurs membres sur les problématiques majeures que rencontrent nos départements. Parmi les sujets en débat, le financement du RSA bien entendu, la problématique des mineurs étrangers isolés, sur laquelle la Haute Vienne est mobilisée nationalement via la participation au comité national en charge de la répartition, et enfin l’application de la loi NOTRe avec notamment la problématique des transports scolaires.